• Elisabeth

Des perles de temps aux heures espagnoles et portugaises

Dernière mise à jour : 12 sept.

Dernière étape de la saison pour Fou de Bassan. A peine avons-nous appareillé de la Rochelle au début du mois de juillet que nous voici déjà arrivés au port de Lagos (Algarve) pour préparer l’hivernage de notre bateau. Deux mois sur l’eau, qui ont filé comme des perles qu’on enfile sur un collier, entre les navigations côtières, les visites des ami.e.s à bord et un aller-retour éclair en Suisse, qui n’était pas inscrit au programme.


Cet été, en descendant le long des côtes nord-atlantiques espagnoles et portugaises, j’ai eu la sensation que le temps filait comme le vent. Planifier la route, préparer le bateau pour l’appareillage, les mouillages, les rentrées au port, s’occuper de l’intendance, faire la popote. Accueillir des ami.e.s à bord et faire un peu de tourisme à terre.


Je vous rassure. Il s’est figé par moment.


Comme


Nous avons vécu des instants suspendus, des moments de grâce.


Comme notre visite à terre à St Jacques de Compostelle, après avoir amarré Fou de Bassan au port de Villa de Arousa,


Comme, lorsque, pendant une partie de la nuit, avec nos amis Christian et Francesca, nous avons écouté tout en chantant, la playlist préférée de cette dernière sur spotify,


Comme la soirée, où, assis sur le pont de Fou de Bassan avec Elisabeth et Pierre, nous avons assisté au feu d’artifice organisé à l’occasion de la fête de l’Assomption, à Povoa di Varzim (Portugal),


Comme la visite passionnante de la bibliothèque de l'université de Coïmbra, une des plus anciennes d'Europe, remplie de son savoir ancestral,


Comme cette balade sur la plage de Nazaré à admirer les vagues impressionnantes tant convoitées par les surfeurs,


Comme la remontée du Tage à la voile en compagnie de Nicolas, avec un vent de 15-20 nœuds, pour rejoindre la Place du Commerce à Lisbonne après être passés sous le pont du 25-Avril,

Comme notre rencontre émouvante, à l’approche du Cap St Vincent, avec un banc de dauphins, qui dansaient devant l’étrave de Fou de Bassan en émettant des ultrasons quand on leur parlait,


Comme, la navigation avec notre gennaker ou alors avec toutes les voiles dehors par 20 nœuds de vent au portant,


Comme,


Comme,


Comme… mille autres instants qui pourraient composer un collier de perles.





Dauphins en train de chasser au large des côtes portugaises © Bernard Thorens



5 septembre 2022, arrivée à Lagos


Nous avons dégréé Fou de Bassan, puis l’avons sorti de l’eau.

Il repose déjà sur son ber.

Nous avons dressé la liste des travaux à effectuer avant la prochaine saison. L’entretien habituel ainsi que la réparation du système AIS (Automatic Identification System)* qui ne fonctionne pas comme il devrait, l’antenne étant abîmée.

En temps normal, on devrait pouvoir identifier sur notre écran les autres bateaux jusqu’à 60 voire 100 milles nautiques de distance. Ce qui n’est pas le cas pour nous.

Actuellement, il n’est pas possible de repérer les embarcations se trouvant en dehors d’un rayon de 10 milles nautiques. Un peu ennuyeux pour la sécurité.

Je comprends un peu mieux pourquoi il était difficile de nous suivre sur marine traffic et vesselfinder jusqu'à présent.


Nous retrouverons Fou de Bassan dans six mois, au mois d’avril 2023.

Ce printemps, nous remontrerons le Guadalquivir pour nous rendre à Séville avant de mettre le cap sur Tanger. Puis nous nous lancerons dans de longues traversées de plusieurs jours. Madère, Açores et probablement un retour en Bretagne.

Pour expérimenter une autre dimension,

Histoire de prendre notre temps.


* Les appareils AIS sont des unités de réception radio et signaux GPS. L’AIS est un gage de sécurité. Grâce à lui, le trafic maritime en temps réel peut être affiché. Les changements de trajectoire et de vitesse des navires autour du bateau sont affichés automatiquement. De plus, il est possible de définir avec exactitude la route de collision et la distance à la cible ainsi que le temps restant à l’événement.

L’AIS permet aux systèmes de surveillance de trafic (CROSS en France) de connaître l'identité, le statut, la position et la route des navires se situant dans la zone de navigation, ce qui facilité l’organisation des secours en cas de nécessité.






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