• Elisabeth

Tracasseries techniques à la Corogne avant le départ pour le Cap Finistère

Le moteur de notre annexe remplacé et une fenêtre météo favorable pour passer le Cap Finistère, on quitte le port de la Corogne pour retrouver les sensations fortes de l’océan.


29 juillet 2022, 14 :00 en mer entre la Corogne et Camarinas


Nous venons de quitter le port de la Corogne où nous sommes restés quatre nuits afin de résoudre le problème de la semaine : trouver un nouveau moteur pour notre annexe.

Le petit moteur électrique que nous avions hérité du précédent propriétaire nous avait bien rendu service jusqu’à présent, même si nous comptions le remplacer prochainement, son propulseur étant trop faible et posant problèmes lors de certains mouillages. Pas assez fiable et peu sécurisant. Lors de notre escale à Cedeira, impossible de le faire démarrer.

Si bien qu’arrivés au port de la Corogne, nous avons consacré tout notre temps à essayer de dénicher un concessionnaire pour le réparer, pour finalement réaliser qu’il nous serait impossible de faire effectuer cette tâche en Espagne.


La sécurité avant tout. Un moteur électrique n’étant pas assez fiable et peu sécurisant pour notre programme de navigation, nous avons, un peu à contrecoeur, opté pour un moteur à essence, même s’il est plus polluant. Nous avons donc consacré le reste de notre séjour à la Corogne à mettre la main sur un engin hors-bord à essence de 4 chevaux, ce que nous avons réussi à faire après moults téléphones et déplacements.

Occupés par toutes ces tracasseries, nous n’aurons presque rien vu de la Corogne. A peine si nous avons pu apercevoir la tour d’Hercule, l’ancien phare romain qui domine l’entrée de la ria donnant sur le port et juste eu le temps de déguster quelques tapas et du vin local dans la vieille ville, avec pour compagnie la statue de Maria Pita, une héroïne du 16e siècle, considérée comme la Jeanne d’Arc de la Galice.


Prendre le pouls de l’océan et ressentir son souffle


Toutes ces préoccupations paraissent bien futiles pour qui reste à terre.

Comme évoqué ci-dessus, avec un bateau, il y a des périodes pendant lesquelles on se détache de tous les grands problèmes qui tourmentent l’humanité. Crise climatique, guerre en Ukraine et tout le reste. Problèmes techniques mis à part, en ce qui me concerne, les questions existentielles qui me préoccupent souvent le reste de l’année s’envolent aussitôt que je suis sur Fou de Bassan.


Au moment où je rédige ces lignes (nous avançons au moteur sur une mer calme), je réalise combien j’aime prendre le pouls de l’océan, ressentir dans tout mon corps le rythme des vagues, être à l’écoute des réactions de Fou de Bassan. Qui mieux que Bernard Moitessier, célèbre navigateur du 20e siècle ayant fait le tour du monde en solitaire sur son voilier Joshua, pour décrire ce besoin d’océan dans son récit La longue route :


« J’avais un tel besoin de retrouver le souffle de la haute mer, il n’y avait que Joshua et moi au monde, le reste n’existait pas, n’avait jamais existé. On ne demande pas à une mouette apprivoisée pourquoi elle éprouve le besoin de disparaître de temps en temps vers la pleine mer. Elle y va, c’est tout, et c’est aussi simple qu’un rayon de soleil, aussi normal que le bleu du ciel. »

Demain nous appareillons pour passer le cap Finistère. Au menu, des vents du nord, nord-est de 20 à 25 nœuds avec des pointes à 30 nœuds.

Le souffle de la haute mer.






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