Entre Alpes et océan - Repartir pour une saison en voilier
- Elisabeth

- 3 avr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 avr.
Les sacs sont prêts. Entre les derniers sommets enneigés et les projets à boucler avant le départ, une décision se dessine : repartir en mer pour une saison. Entre Alpes et océan, le choix ne va jamais de soi.
Les sacs sont encore à terre, prêts à être embarqués. Pendant que l’un court une dernière fois sur les sommets alpins enneigés, le cœur presque brisé à l’idée de dire au revoir à ses montagnes, l’autre s’active sur son clavier, bouclant ses projets d’écriture avant le grand départ. Car oui, nous sommes prêt.e.s à prendre la mer.
Chaque équipage possède son ADN propre. La caractéristique du nôtre, c’est d’être constamment tiraillé par l’appel des Alpes pour l’un et celui de l’océan pour l’autre. Ce qui nous vaut, chaque hiver, de longues discussions : « est-ce qu’on continue à naviguer une saison ? »
Car il faut être réaliste : posséder un voilier, c’est un peu comme avoir un animal de compagnie. Cela demande une attention constante.
Si nous aimons découvrir la terre par le large, il nous arrive d’être découragés par la charge mentale que représente l’entretien d’un bateau : réparations sans fin, soucis d’hivernage… sans compter les coûts que cela engendre. Et puis, il faut bien l’admettre, on n’a plus vingt ans. Mais il faut croire que notre curiosité, et surtout notre amour de l’océan et de l’aventure, pèsent plus fort dans la balance.
Ouf, c’est oui.
Nous sommes prêts à repartir pour une saison en mer. On verra bien après. Et pas pour n’importe quelle destination.
Lagos (Portugal) – Madère – Açores – Bretagne
Notre programme en a fait pâlir plus d’un.e. Pas étonnant que cette saison, plusieurs amies et amis embarquent avec nous. Ce qui nous réjouit. D’autant plus que, parmi eux, des navigateurs chevronnés – Christophe, Robin et Patrick, anciens équipiers de Pierre Fehlmann, navigateur de course au large – nous rejoindront pour les traversées. Une présence rassurante… et précieuse. Sans oublier Nadège, amie et complice de la traversée r’Ose Transat, et Bettina, toujours partante et enthousiaste. Dominique et Alain, fidèles amie.e.s, nous rejoindront, quant à eux, sur les îles.
Des cachalots et le sentiment océanique
Si nous retournons aux Açores, c’est pour la beauté sauvage de ces îles volcaniques perdues au milieu de l’Atlantique et pour l’espoir d’y revivre des moments uniques, comme cette rencontre magique avec trois cachalots, qui nous a marqués à tout jamais.
Et puis, en ce qui me concerne, il y a ce besoin de retrouver la mer.
Je repense à cette rencontre avec les cachalots. Le bateau presque immobile. Le souffle, régulier des cétacés, leurs sauts...
On ne parlait plus. On regardait. Et pendant quelques instants, quelque chose basculait.
Le sentiment océanique est une expression introduite par Romain Rolland dans ses échanges avec Freud pour désigner ces moments où l’on se sent soudain relié à quelque chose de plus vaste que soi — face à la musique, à un paysage ou à une idée. Freud, peu réceptif à cette expérience, y voit la trace d’un état ancien, une confusion primitive entre le moi et le monde, et développe cette réflexion dans Le Malaise dans la civilisation, où il décrit la tension entre nos élans profonds et les contraintes de la vie en société. Une notion que j’ai redécouverte récemment en écoutant Aline Pénitot sur la RTS, dans un épisode consacré à ce sentiment.
Dans 4 semaines, nous retrouverons notre Fou de Bassan sur le terre-plein du chantier naval Sopromar, à Lagos. En attendant, pas le choix, j'organise la garde d’Ulysse, notre chat vieillissant.
Ulysse, Fou de Bassan… des airs de liberté, vraiment ?
Ou ce fragile équilibre qui nous mène à ces instants où l’on se sent relié à plus vaste que soi.
Pour celles et ceux qui n'ont pas encore visionné notre rencontre avec les cachalots en 2023:
Et une vidéo collector, dans laquelle on peut apercevoir nos équipiers Christophe et Robin
lors de la Whitbread Round the World Race 1981–1982 avec l’équipage de Pierre Fehlmann.



Merci Maria. C'est parfois beau les voyages immobiles! bises Elisabeth
Magnifique! Merci de partager avec nous. Nous voyageons à la maison.... Bises
Maria