• Elisabeth

Convoyage Ecosse-Bretagne

Dernière mise à jour : 4 avr. 2021


La situation sanitaire ayant chamboulé tous nos plans, j’avais abandonné notre journal de bord tous ces derniers mois. L’espoir de pouvoir remonter à bord de Fou de Bassan à Pâques prochain regonfle nos voiles. Aussi, pendant quelques instants, depuis la montagne, je m’évade en mer pour reprendre le fil de ce récit.


Flash back sur la saison 2020 (bien trop courte)


Ecosse, 25 juillet 2020 - Bretagne Sud, 14 août 2020


Posséder son propre voilier c’est aussi accepter de plonger dans le domaine de la débrouillardise

Après notre première nuit très calme à bord de Fou de Bassan, nous nous sommes réveillés pour notre baptême du feu : une fuite à réparer dans les wc. Et nous voilà déjà, à 6 heures du matin, tous les deux en train de visionner un tuto pour savoir comment changer les pièces des toilettes Jabsco. Un classique de la vie à bord. Nous avons trouvé cela rigolo. Puis, j’ai lâchement laissé Bernard retrousser ses manches.


Dans les jours qui ont suivi, nous avons progressivement pris goût à résoudre les problèmes qui ne manquaient pas de survenir quotidiennement. Fou de Bassan ne voulait pas encore nous emmener sur les flots. Il réclamait de l’attention, voulait être bichonné avant de déployer ses ailes.


Découverte de la solidarité qui anime la communauté des voileuses et des voileux


Heureusement, nous avons la chance de pouvoir être accompagnés d’amis et d’amies expérimentés, toujours prêts à répondre à nos questions. Marc et Sylvie, qui naviguent sur Chamade, Françoise et Valérie sur Cybèle, un OVNI 445, Muriel et Hervé, les Favreenmer, Barbara et Thierry qui sillonnent les océans sur Gaia ainsi que Mélanie et Hervé sur Myriades. Amies et amis toujours bienveillants et disponibles quand nous avons besoin d’un tuyau.


L’étape la plus compliquée fut sans doute les tracasseries électroniques. Impossible de trouver une personne qui assure le service technique à Troon, en période de confinement. Après avoir cherché sur internet, nous sommes tombés sur Benjamin, un passionné de voile et d’électronique marine. Une perle, un contact à se transmettre. Car en plus d’être compétent, il est très gentil.

Alors voilà, je fais un peu de pub pour Benjamin, lui qui est prêt à dépanner 24h sur 24h depuis n’importe où dans le monde. On peut poser nos questions sur le groupe FB qu’il a créé : https://www.facebook.com/groups/electronique.marine ou le contacter via son site https://galaxymarine.fr


Un convoyage rock and roll


Après avoir résolu nos problèmes techniques et terminé nos formalités administratives, nous avons enfin pu appareiller pour nous rendre au Crouesty. Avec une amie équipière : Caroline, avec laquelle j’ai effectué la traversée de l’Atlantique sur rosetransat, et un skipper-coach, recruté sur la bourse aux équipiers. Terrible erreur de casting de notre part, car nous sommes tombés sur un mauvais numéro.


Le point positif de cette histoire, c’est que Bernard et moi avons eu la confirmation que nous étions prêts à partir en équipage réduit, puisque finalement nous nous sommes convoyés seuls avec l'aide de Caroline qui était à bord. Laquelle, avec son humour et sa bonne humeur légendaire, dans les moments délicats, a réussi à détendre l’atmosphère.


Un cadeau au passage d’Ailsa Craig Island, le rocher d’Elizabeth

Je me sens très émue et ne peux m’empêcher de voir un signe de l’Univers au moment de passer à l’ouest, de la toute petite île d’Ailsa Craig. Le nom de l’île est la forme anglicisée du gaélique Aillse Creag ou Creag Ealasaid qui signifie Elizabeth's rock, le « rocher d'Élisabeth. L'île abrite la plus grande colonie de fous de Bassan d'Europe et un nombre de plus en plus important de macareux.


Colonie de Fous de Bassan sur Ailsa Craig Island © Bernard Thorens



Nous gardons toutefois un souvenir extraordinaire des bords tirés sous gennaker avec les dauphins pour compagnons pendant ce convoyage, ainsi que de belles images et sensations de notre escale dans les merveilleux mouillages des Scilly.






Après notre arrivée en Bretagne, les 4 jours merveilleux passés à naviguer autour de Houat, Belle-Île- en-mer et Hoedic ont été une parenthèse trop courte avant qu'on ne soit obligés de mettre Fou de Bassan au repos, sur un ber au port du Crouesty.


Il y a toujours une morale à une histoire. C’est décidé, plus jamais nous n’embarquerons de skipper à bord. Les skippers, c’est nous !






© Fou de Bassan, dessiné par notre amie Véronique Berney




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