Des projets écrits sur le sable, au bout du monde

Poursuivre notre aventure avec Fou de Bassan ou le confier à d’autres personnes chanceuses ? Tels étaient les questionnements qui nous taraudaient au printemps dernier avant que deux mois merveilleux aux Açores ne viennent reléguer ce dilemme aux oubliettes. On raconte qu’après sept ans de vie commune, les couples traversent parfois une crise existentielle. Peut-être avons-nous aussi vécu cette remise en question avec Fou de Bassan.
Mais il aura suffi d’un été merveilleux aux Açores pour balayer nos doutes et reléguer ce dilemme aux oubliettes. C’est décidé, nous allons poursuivre notre route ensemble.
Les plans des marins et des marines s’écrivent sur le sable à marée basse
Les nôtres, aujourd’hui ? Larguer les amarres à la mi-avril, monter jusqu’aux Hébrides extérieures, avant de mettre le cap sur les Orcades, les Shetland, puis la Norvège. Où hivernerons-nous la saison prochaine? En Norvège, en Suède, en France ? On ne le sait pas encore.

Au mois d'août dernier, nous avions laissé Fou de Bassan à la Clinique des Ovnis, au port d’Arzal, pour quelques réparations. Nous l’y aurions bien hiverné. Mais cette année encore, l’écluse du barrage de la Vilaine, en travaux, sera fermée tout l’hiver. Le risque de nous retrouver piégés en eau douce étant trop important, nous avons décidé d’emmener Fou de Bassan au port de La Rochelle pour la mauvaise saison. Chose faite après cinq jours de belles navigations, de cabotage entre les îles de Noirmoutier, d’Yeu et la côte, ponctués de visites aux amis et amies.
Nous voilà donc installés jusqu’au printemps au port des Minimes, à La Rochelle, affairés à venir à bout de notre to-do list, tout en bravant les tempêtes et leurs rafales à 50 nœuds. Il faut dire que Fou de Bassan montre quelques signes de fatigue. Pas étonnant après quinze ans de bourlingue ! Aussi, les rendez-vous avec les différents chantiers s’enchaînent : réparer le pilote automatique, remettre en état le guindeau électrique, faire installer un nouveau bimini, installer starlink… De quoi nous occuper jusqu’au printemps tout en ayant le plaisir de savourer la vie rochelaise, si agréable.
Et surtout, le bonheur de se dire que la vie à bord de Fou de Bassan continue, avec encore bien des projets en tête. Dès le mois d’avril, nous attendons d’ores et déjà Christophe de pied de marin ferme pour mettre le cap sur la Norvège.
C’est du moins ce qu’on peut lire aujourd’hui sur le sable de la plage, en face du phare du Bout du Monde…



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