Quand le pilote rend l’âme
- Elisabeth

- 7 juin
- 3 min de lecture
Villa do Porto, Santa Maria, 7 juin 2026
Le nouvel équipage formé de Bernard, Elisabeth, Christophe et Fabienne est arrivé à bon port sur la jolie petite île de Santa Maria, la plus méridionale des Açores.
Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance après l’épisode des bras cassés.
Retour sur le sillage de Fou de Bassan.
Après avoir préparé le bateau à Lagos, Bernard et Christophe ont embarqué Nadège et Patrick jusqu’à Porto Santo, cette petite île située au nord-est de Madère. Une escale presque incontournable pour les navigateurs et navigatrices avant de rejoindre Madère, atteignable en une journée de navigation. L’idée initiale était de jeter l’ancre dans la baie de Porto Santo puis de faire route vers Madère et de prendre le temps visiter l’île aux Hortensias.
Mais le cœur n’y était pas vraiment.
Le capitaine ne se voyait pas poursuivre le voyage sans moi. Alors, avec Christophe, ils ont décidé de profiter de la première fenêtre météo favorable pour traverser directement jusqu’à Sao Miguel aux Açores, afin de ne pas mettre en péril l’organisation du voyage et les plans des futurs équipages.
Puis, alors que je me morfondais sur ma situation à la maison, j’ai reçu un appel de mon capitaine :
« Je reviens te chercher, je savais que tu m'attendais, je savais que l'on ne pourrait se passer l'un de l'autre longtemps »
Comme dans la chanson de Gilbert Bécaud, Bernard est venu me chercher en Suisse, pour attendre que mes bras soient un peu plus fonctionnels, avant de m’accompagner jusqu’à Sao Miguel où Christophe nous avait attendu au port.
Et c’est ainsi que, le 1er juin, émue et reconnaissante, j’ai pu remonter à bord avec Bernard et Fabienne, la compagne de Christophe.
Christophe a bichonné Fou de Bassan. Le bateau brillait comme un sou neuf, et un joli bouquet de fleurs posé sur le pont nous attendait, avec une belle corbeille de fruits, comme un signe de bienvenue. Après quelques jours passés à visiter l’île, nous avons mis le cap sur Santa Maria.
Bernard et Christophe assurent les manœuvres et la marche du bateau. Moi, je retrouve doucement ma place à bord. Je suis autonome, je peux barrer dans le petit vent, mais mes bras ne me permettent pas encore de participer aux manœuvres.
Un voilier sans pilote
Mais zut, un nouveau coup du destin. Cette fois c’est Fou de Bassan qui est blessé. Au milieu de la traversée, le pilote automatique a lâché*. D’après notre diagnostic, c’est le calculateur qui a rendu l’âme. Nous devons donc à nouveau changer nos plans, et retourner à Sao Miguel pour attendre la pièce de remplacement, au lieu de mettre le cap sur Horta. En priant pour que notre diagnostic soit le bon.
Les propriétaires de voiliers le savent bien : naviguer, c’est accepter l’imprévu. Mieux vaut cultiver la patience, garder son calme et prendre les choses avec philosophie.
*Diagnostic provisoire (pour les voileux et voileuses que cela intéresse : panne du calculateur du pilote automatique Raymarine SPX-30.
Le pilote s'allume normalement et le compas indique correctement le cap, mais il ne commande plus le vérin de barre et n'exécute plus les changements de cap demandés. Après plusieurs vérifications, notamment de l'alimentation électrique, nous pensons que le calculateur est défectueux.
Le SPX-30 n'étant plus fabriqué depuis plusieurs années, il a fallu partir à la recherche d'une pièce de remplacement d'occasion. Après quelques heures de recherches, nous avons finalement trouvé un calculateur sur eBay. Il ne nous reste plus qu'à attendre sa livraison à São Miguel et à espérer que notre diagnostic soit le bon. Sans quoi, il nous faudra remplacer tout le système.






Trop chou ce couple d’amoureux après de si nombreuses années. Je suis touchée par ton récit, Elisabeth. Prenez soin de vous. Je vous embrasse 😘