• Elisabeth

Prêts à repartir avec un voilier apprivoisé

Dernière mise à jour : 23 nov. 2021


Fou de Bassan sur son ber au port du Crouesty pour soigner ses bobos, le skipper de retour au travail en Suisse, moi à la maison pour écrire ce post, je me sens déjà nostalgique des jours où nous coulions notre petite vie sur l’eau pas si tranquille mais qui nous faisait vibrer. Il faut dire que la saison – qui n’est pas encore vraiment terminée, ouf ! – a été merveilleuse, entre les visites à bord des gens qu’on aime et les superbes navigations le long des côtes et autour des îles bretonnes.


Nous nous étions fixés deux objectifs pour la saison. Le premier consistait à prendre en main Fou de Bassan en naviguant dans des endroits réputés difficiles. Quant au deuxième, il devait nous permettre de mieux comprendre la complexité technique de notre bateau.

Nous avons atteint le premier. A présent, nous nous sentons à l’aise sur notre voilier. Nous avons développé une routine, des gestes automatiques pour les manœuvres à force d’avoir rencontré une variété de situations que ce soit au large, lors des mouillages, des manœuvres dans les ports. Surtout, nous avons traversés des passages, tel le Raz-de-Sein, mouillé dans des criques avec un marnage de 8 mètres notamment, où la moindre erreur dans les calculs de courant et de marée ne pardonne pas. Un moment d’inattention peut vite tourner au drame. Tels ces accidents dont se souviendront pour toujours des plaisanciers qui ont visité l’île de Bono, dans l’archipel des Sept-Iles et l’entrée du port de Roscoff, juste quelques jours après nous. Leurs deux bateaux ont coulé. Heureusement que ces personnes ont pu être secourues.

Après avoir pris connaissance de ces coups durs, je suis d’autant plus reconnaissante envers mon marin de mari, à qui je laisse la plupart du temps la responsabilité de gérer la navigation. Tâche dont il s’acquitte avec une grande aisance et beaucoup de compétence.

Aujourd’hui, nous nous sentons confiants et prêts à naviguer sur toutes les mers, ou presque. Il faut savoir rester humbles face au éléments.


Ci-dessous, l'île de Rouzic, dans l'archipel des Sept-Iles en face de Perros Guirec. Une approche délicate à la voile où il faut bien savoir calculer sa route pour ne pas s'échouer sur des rochers.




Qui voit Ouessant voit son sang. Mouillage dans la baie du Stiff, dominée par le phare du même nom. Cette île mythique a la réputation d'avoir une approche délicate.





Un des plus beaux moments en mer de la saison, la traversée de nuit de Camaret à la Trinité-Sur-Mer en passant par Belle-Ile-En-Mer. Une rencontre inoubliable avec des dauphins. Une pépite.




Quant au deuxième objectif, mieux comprendre le fonctionnement de Fou de Bassan, nous l’avons partiellement atteint car nous continuons à découvrir son anatomie.

Nous n’avons toujours pas résolu notre problème de fuite d’huile dans le système hydraulique qui permet d’actionner la dérive, et notre chauffage n’est toujours pas réparé. C’est dans ce genre de situations qu’on regrette de ne pas avoir étudié l’ingénierie, l’électricité ou la mécanique. Cela nous simplifierait bien la vie. Un chantier naval devrait remédier à ces tracasseries d’ici la fin du mois.


Une envie d’océan, un besoin de prendre le large.

Dans un mois nous remettrons notre bateau à l’eau, histoire de faire encore un petit tour en direction de l'île de Noirmoutier, si le vent nous y porte, avant de le laisser tranquille pour l’hiver.


L'océan m'appelle.

J'ai besoin d'entendre sa mélodie, de sentir ses mouvements imprévisibles.

Car j'aime quand il me berce, même quand il me bouscule.

Où est le goéland qui vient quémander des restes

Quand on pique-nique dans le cockpit?

J'entends la complainte de Fou de Bassan.

Qui s'ennuie sur son ber.

Où est passé son équipage?

Les manoeuvres me manquent.

Même le noeud de chaise

Qui me fait parfois suer.

Où sont les boutes et les cordages?

Où...?

Il paraît que sur le quai d'un port,

Quelque part,

Un voilier m'attend,

Pour aller

Le vent me portera.

















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