• Elisabeth

Echapée belle avec un bijou d’hélice et rencontre avec les monstres de la course au large


L’avarie dans la coque réparée, le vérin de la dérive hydraulique remplacé et un bijou d’hélice installé, nous avons enfin pu remettre Fou de Bassan à l’eau pour la saison de navigation 2022. Avant de lever l’ancre pour de plus lointaines destinations cet été, nous profitons de belles conditions printanières pour visiter encore une fois les îles du Morbihan.

Quand une avarie se produit, c’est comme avec la météo. Rien ne sert de lutter, il faut savoir composer avec les éléments et lâcher prise afin d’accepter la situation. Pour rappel, à la fin du mois d’octobre de l’année 2021, une personne en charge de la manutention au port du Crouesty nous avait annoncé qu’elle avait commis une grave erreur. En voulant démâter le bateau voisin, et en faisant une fausse manipulation avec sa grue, elle avait troué la coque en aluminium de notre voilier parqué à terre sur un ber. Les tracasseries administratives et techniques découlant de cet accident ont occupé une bonne partie de nos longues journées d’hiver. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous avons profité du passage inévitable de Fou de Bassan au chantier Arzal Nautique, la clinique des OVNIs, pour faire remplacer par la même occasion, le système de vérin hydraulique qui actionne notre dérive, réviser le grément dormant et poser une nouvelle hélice magique.


*Une hélice et plus d’os !


Concernant l'hélice, j’insiste sur le qualitatif « magique ». Bernard et moi nous sommes offerts ce petit bijou – qui, en plus d’être efficace est aussi très jolie - lors de notre dernière visite au salon nautique de Paris.


Petite digression technique : notre acquisition est une Max-Prop 4 pales, performante en marche avant, avec une traînée minimale sous-voile puisqu’elle se met en drapeau. Cerise sur le gâteau, elle nous fait gagner un demi-noeud de vitesse. Avec notre ancienne hélice tripale, nous n’étions pas manoeuvrant. Chaque fois que nous reculions, hop, l’arrière de Fou de Bassan dérapait sur bâbord. Mouvement encore amplifié par la position des deux safrans.

*Si hélas, l’hélice et l’os ne vous rappellent rien, alors je vous invite à revoir cette réplique mythique de la Grande Vadrouille.


Les mouillages et les criques du Morbihan n’auront bientôt plus de secrets pour nous. Comme on ne s’en lasse pas, avant de mettre le cap sur les côtes atlantiques espagnoles et portugaises cet été, nous profitons de visiter encore une fois Belle-île et Houat en compagnie d’un ami.


On ne change pas sa nature. La mienne étant romantique, à Belle- île, je décide de louer un vélo pour me rendre près de Sauzon, sur le site où, selon une légende, les amants Jeanne et Jean se retrouvent certains soirs de pleine lune.

Je n’arrive pas à convaincre Bernard et notre ami Raphaël de m’accompagner. Ils ne voient pas l’intérêt d’aller contempler de simples menhirs posés le long d’une route. C’est à contre-coeur que je dois leur donner raison. Jeanne et Jean ne sont que deux tristes pierres témoins d’un amour interdit, plantées au bord de la départementale.

De gauche à droite: Jeanne et Jean, les amants transformés en pierre, près de Sauzon, Belle-Ile-en-Mer


« Entre 3 500 et 1 800 avant J.C. La légende de Jean et Jeanne : Jean, fils d'un barde, et Jeanne, pauvre bergère, se retrouvaient chaque soir pour s'aimer malgré l'interdiction faite par le Conseil des Druides, désapprouvant cette alliance contraire aux lois des castes. Les druides chargèrent les sorcières de Borgroix de transformer ces deux amants en pierres... Mais certaines nuits de pleine lune, une bonne fée, touchée par le malheur de ces deux jeunes gens, rompt le sort qui les frappe : Jean et Jeanne peuvent ainsi se retrouver quelques instants… »

Source : https://www.belle-ile.com/offres/menhirs-jean-et-jeanne-sauzon-fr-136123/


Monstres de la course au large

La Trinité-sur-Mer possède ce petit supplément d’âme qui nous plaît. Ce port avait été choisi par Eric Tabarly venu y faire construire son Pen Duick II qui l’a rendu célèbre en 1964. C’est aussi ce marin précurseur de la course au large qui a fait de la Trinité-sur-Mer un port de référence. Olivier de Kersauson, Eugène Riguidel, Loïc Caradec, Marc Guillemot ou encore Charlie Capelle, Thomas Coville, Francis Joyon, Yves Le Blevec, Erwan Le Roux, Yann Guichard, Armel Tripon et tant d’autres l’ont fréquenté.



© Bernard Thorens

Le représentant de la capitainerie nous fait une fleur quand il nous invite à nous amarrer à une place « VIP », sur la panne qui accueille les monstres de la course au large. Au ponton voisin IDEC Sport, un trimaran skippé par Francis Joyon qui a remporté le trophée Jules Vernes 2010 et 2012.


Après avoir dit au revoir à Raphaël, au port de la Trinité, nous repartons tranquillement au moteur faire un tour dans le golfe du Morbihan. Puis nous montons les voiles une dernière fois pour mettre le cap sur le sublime mouillage Beg er Lannegui sur l’île d’Hoedic. Tant pis s’il est un peu rouleur.

Dans moins d’un mois, nous reviendrons faire quelques ronds dans l’eau avant de partir

« pour de vrai » en juillet. L’échappée fut brève mais belle.









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