• Elisabeth

Des Fous à Rouzic et une jument à Ouessant

Dernière mise à jour : 1 sept. 2021

La vie à bord de Fou de Bassan, c'est aussi les moments partagés avec les gens qu’on aime. Comme ceux qu’on vient de vivre avec Olivier notre fils ainsi qu'avec Françoise, Olivier (un autre), Nathalie et Clarence, qui nous ont accompagnés pour quelques traversées le temps d’explorer ces îles extraordinaires que sont Molène, Batz, les Sept Iles et Bréhat. Nos ami.e.s partis, nous avons mis le cap sur Ouessant. Un bijou des îles du Ponant.


Naviguer une semaine avec notre fils Olivier a été un moment de bonheur. Ce n’est pas tous les jours qu’on savoure la présence de son fils qui est aussi un équipier en or. Lui qui régate sur le lac Léman, a été formé aux écoles du Cruising Club Suisse et des Glénans.

Compétences d’autant plus précieuses que les vents furent un peu musclés et qu’on a volontairement un peu délaissé la tablette avec Navionics et l’ordinateur de bord et son Time Zero pour refaire des alignements aux jumelles après avoir étudié les cartes marines.

Mon cœur de maman s’est serré quand Olivier a débarqué à Roscoff pour retourner en Suisse.


Olivier et Bernard © ETG

Quand un Fou rencontre d’autres Fous

Cette bouffée de nostalgie a été dissipée lors de la relève d’équipage. Avec nos ami.e.s François, Olivier, Nathalie et Clarence, la vie à bord s’est animée d’instants joyeux. Et quel luxe de pouvoir manœuvrer à cinq pour épauler le capitaine. Le moment fort de notre croisière fut sans aucun doute la rencontre avec la colonie de Fous de Bassan de Rouzic, un petit îlot faisant partie du petit archipel sauvage des Sept Îles situé à environ 7 km au large de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor). Une destination incontournable pour notre Fou à nous évidemment.


Clarence, Françoise, Nathalie, Olivier, Bernard, Elisabeth

Sur la ligne d’horizon, l’île Rouzic apparaît blanche, comme de la craie. Quand on s’en rapproche, en fait de craie, on découvre des milliers d’oiseaux, des Fous de Bassan, qui reviennent chaque année nicher sur ce site protégé de Bretagne nord, la seule colonie pour cette espèce. Un spectacle d’une beauté saisissante.

Fous de Bazan sur l'île de Rouzic
Fous de Bassan sur l'île de Rouzic © Bernard Thorens

Nids de Fous de Bassan, île de Rouzic © Bernard Thorens

Fou de Bassan à Rouzic © Bernard Thorens

Pour en savoir plus sur la colonie de Fous de Bassan de Rouzic : ici


Ouessant et le phare de la Jument

Après une semaine animée, nos amis sont repartis et nous avons repris notre routine à deux à bord. Et c’est aussi bien ainsi.

A Bréhat, nous avons décidé que nous ne poursuivrions pas notre voyage plus loin. Nous reviendrons sur notre sillage en passant par Ouessant. Bernard travaillant encore, nous devons rentrer en Suisse début septembre.


« Qui voit Ouessant, voit son sang ». Ce dicton éclaire bien les dangers qu'encourent les navigateurs et navigatrices au large du Finistère. N’oublions pas que le nord de la Bretagne est traversé par des courants marins parmi les plus violents au monde. De nombreux récits racontent la mer houleuse, creusée par les vagues profondes et semée de récifs menaçants. Les abords de l’île ont été le théâtre de nombreux naufrages.


Le joyeux spectacle des fous de Bassan et des dauphins en train de se régaler dans un banc de sardines à l’approche de l’île me font oublier pour quelques instants la légère appréhension qui m’a furtivement saisie en repensant à tous les drames qui ont dû se jouer ici - échouages, naufrages -, avant que nous ne nous amarrions à un coffre dans la baie du Stiff, sur la partie est de Ouessant. L’élégant phare du Stiff, construit par Vauban au 18e siècle, domine le mouillage. A son côté, plus près de la falaise, une tour radar d’observation, d’une hauteur de 72 mètres, beaucoup moins jolie, permet au Cross Corsen de surveiller le trafic au large de l’île.



Fou de Bassan au mouillage dans la baie du Stiff © Bernard Thorens

Nous sommes chanceux, le soleil étant de la partie, nous restons sur l’île pendant deux jours et louons des vélos pour explorer cette île mythique et ses cinq phares, pour laquelle nous éprouvons instantanément un coup de cœur.

A Porz Doun, au sud-ouest de l’île nous nous installons au-dessus d’une crique pour observer et photographier le bal de l’océan. En face de nous, le phare de la Jument. Il protège le passage du Fromveur, le lieu de très violents courants qui peuvent atteindre jusqu'à 9 noeuds localement, et presque 7 nœuds à mi-marée de vive-eaux dans tout le passage. La navigation y devient extrêmement dangereuse lorsque le vent est contre le courant.


Ouessant © Bernard Thorens

Le phare de la Jument fut aussi rendu célèbre par le photographe Jean Guichard qui l’avait survolé en hélicoptère lors d’une tempête en 1989. Intrigué par le bruit, Théodore Malgorn, le gardien, était sorti alors sur la plateforme sans se rendre compte qu'une énorme vague surgissait derrière lui. Il aura juste eu le temps de se réfugier derrière la porte avant que l'eau ne s'engouffre dans le phare. Quant à cette photo, elle caracolera dans le top 10 des ventes photos dans le monde.

Le phare de la Jument, Ouessant © Bernard Thorens

La Jument


Fascinant,

Solide et fière,

La Jument,

Un phare,

Veille sur les marins et les marines.

Quand je la vois,

Je me sens ancrée.




Je n’arrive plus à détacher mon regard de ce décor fascinant. Pourtant il faut bien s’arracher de cet instant éphémère. Une perle qui viendra garnir le collier déjà serti de nos nombreux souvenirs.





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