• Elisabeth

Navigations et mouillages de rêve dans les îles en Bretagne du Sud

Après 10 jours de navigations de rêve entre les îles, nous venons de nous mettre à l'abri au mouillage de la Pie, dans l'archipel des Glénan, pour être protégés du vent d'ouest qui se mettra à souffler fort en fin de journée, 27 à 28 noeuds, avec des rafales montant à 30 noeuds. Nous voilà arrivés dans "les Caraïbes" de Bretagne, un surnom donné à ces îlots en raison de la couleur de leurs eaux turquoises. Les coffres sont désertés, les vacanciers se sont tous repliés sur les ports de Concarneau, Bénodet, Sainte Marine et Port la Forêt.


Sur le pont du voilier à bâbord du coffre auquel nous souhaitons frapper notre amarre, un homme nous observe manœuvrer. C’est lui qui viendra gentiment récupérer notre gaffe restée accrochée à la bouée, pour que nous puissions répéter notre manœuvre.


En mer, les marins et les marines s’entraident. Nous le constatons chaque jour avec beaucoup de gratitude.

- « Vous êtes arrivée trop vite ! » s’exclame l’homme au moment où il appuie son annexe contre la coque de notre voilier afin de me tendre notre amarre. Leçon retenue.

Je recommence la chorégraphie. Bernard à l’avant de Fou de Bassan, moi à la barre. Je n’ai en effet pas suffisamment de force pour attraper ces coffres très bas sur l’eau, immensément lourds, même si notre gaffe est équipée d’un crochet d’amarrage automatique. La deuxième tentative sera la bonne. Je remercie intérieurement mon amie coach skipper Julie Mira des Marinettes. Hier soir, j’ai relu le chapitre « mouillage et corps mort » de son ouvrage « Le guide pratique des voileuses », dans lequel elle explique comment prendre un coffre notamment.


Bientôt deux semaines que nous avons quitté le Crouesty pour remonter la Bretagne du sud au nord en passant par les îles de Houat, Belle-Ile, Groix ainsi que l’archipel des Glénan. Nous bénéficions d’une météo de rêve : soleil, vent de 15 à 17 nœuds, juste ce qu’il faut pour naviguer au portant avec notre gennaker, quand notre cap le permet.


Mouillage de Ster Vraz, Belle-Île en mer

Entre Belle-Île et l'archipel des Glénan, les dauphins sont venus nous saluer et ont joué un court instant avec l'étrave de notre bateau. Puis ces coquins ont disparu. Petite déception. Lorsque nous étions descendu d'Ecosse en Bretagne l'année dernière, nous avions navigué deux journées entières en leur compagnie.


« Comment font-ils pour être si harmonieux ?

Depuis une autre embarcation, quand on voit filer Fou de Bassan sur les flots, tout semble si simple. Et pourtant. L’image et la citation ci-dessous, tirées de la fable « L’enfant, la taupe, le renard et le cheval » est suffisamment parlante.

Légende : Charlie Mackesy, l’enfant, la taupe, le renard et le cheval, éd. Les Arènes, 2021 C’est Nicole, une amie courageuse qui traverse l’épreuve de la maladie qui m’a offert cet ouvrage que j’ai embarqué à bord pour nous accompagner tout au long de notre odyssée en Bretagne.
Charlie Mackesy, l'enfant, la taupe, le renard et le cheval

Avant de pouvoir naviguer comme nous le pratiquons ces jours, Bernard et moi avons beaucoup pédalé en dessous. Mouliner est devenu notre pain quotidien. Il ne se passe pas un jour sans un nouvel apprentissage, un problème à résoudre.


En revanche, la plus belle des récompenses pour tous ces efforts accomplis, c’est de se sentir comme les cygnes de la fable lorsque nous fendons l'écume avec notre voilier.


Je découvre avec délice la joie de pouvoir enfin, après toutes ces années de labeur professionnel, ralentir pour savourer l’instant. Vivre en harmonie avec les éléments, avec notre bateau.




Mille bonheurs

Etudier la théorie afin de passer son permis mer

Puis la mettre en pratique.

Accumuler des milles pour obtenir son permis de navigation

Puis pratiquer ses gammes sur l'eau.

S'atteler à comprendre l'électronique du bord

Puis lire des manuels pour progresser.

Tâcher de comprendre le fonctionnement du moteur

En priant pour qu'il ne tombe pas en panne.

Comprendre...

Bricoler...

La liste est infinie.

On prend soin de Fou de Bassan.

Reconnaissant,

Notre voilier nous offre mille bonheurs.



Une maison dans des décors de rêve

Dans le ventre de Fou de Bassan, il y a notre maison, notre cocon. Je m’y sens bien. Chaque soir, nous dînons en tête-à-tête dans les mouillages aux décors de rêve offerts par les îles de Groix, Belle-Île-en-Mer, Houat et l’archipel des Glénan. Avec des baignades en guise de cerise sur le gâteau. Car il faut bien trouver une parade pour se rafraîchir avec la canicule qui a frappé la Bretagne du Sud ces derniers jours.

Des conditions idéales pour accueillir la famille, comme Dominique le frère de Bernard, venu nous rejoindre pour quelques bords, et nos ami.e.s, Laurence et sa famille ainsi que Fred, qui sont juste passés prendre l’apéro à bord. Et tant pis si pour une fois nos rires, teintés d’une légère ivresse, ont dérangé nos voisins de ponton au port de la Trinité-sur-Mer. C’est si libérateur.


La vie est belle à bord de Fou de Bassan. Et la bonne nouvelle, c’est qu’elle ne fait que commencer.








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