Açores : de São Jorge à Horta, entre puffins, dauphins et fresques de marins
- Elisabeth

- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 5 jours
Le pilote automatique est réparé. Mes bras aussi.
Christophe et Fabienne sont repartis. Je m'étais habituée à leur présence. Je suis déjà nostalgique des moments uniques partagés avec eux : les balades, les fous rires, les rencontres éphémères qui pimentent la vie des pontons, sans oublier ces instants de grâce où le sillage de Fou de Bassan croise celui d'un banc de dauphins… ou d'un cachalot.
Est-ce la vibration particulière de ces terres volcaniques ? Aux Açores, j'oublie l'accident, les soucis. Il ne reste que l'instant présent.
Et puis j'ai retrouvé le plaisir de naviguer en équipage réduit : Bernard et moi sommes partis explorer São Jorge et Faial, deux îles que nous ne connaissions pas encore.
Escales poétiques
Entre deux
Fin de mon quart de nuit.
Au petit matin,
Le passage entre les îles de Pico et de São Jorge
est inouï de beauté.
Avancée au moteur sur une mer bleu Klein.
À bâbord, le cône majestueux de Pico,
Qui tutoie le ciel, bleu lui aussi.
On dirait un sein.
Illusion.
C'est un volcan.
À tribord, des gerbes d'écume
Jaillissent de la mer.
Une transe.
Comme dans un rêve.
Un banc de dauphins en chasse.
Les nuits des puffins
Port de Velas, São Jorge Un bijou.
Tout petit.
Tranquille.
Apaisant.
Un port
Qui accueille
Les téméraires Ayant traversé l'Atlantique.
Adossé à une haute falaise,
Tapissée de verdure
Et percée de cavités rocheuses,
Il ressemble à un cirque,
Dont le chapiteau,
À la tombée de la nuit,
Résonne de cris étranges.
Des rires.
Des plaintes.
Des gémissements.
On croirait entendre
Les pleurs d'un enfant.
Méprise.
Ce sanctuaire nocturne,
C'est celui des puffins.
Le jour sur l'océan.
La nuit, à Port Velas.
Horta
Nous venons d'arriver à Horta. Depuis des décennies, ce port mythique attire les navigateurs et navigatrices venus des deux côtés de l'Atlantique. Beaucoup y font escale quelques jours avant de reprendre la mer vers le continent européen.
A Horta, une tradition se perpétue : chaque équipage laisse son empreinte en peignant une fresque sur la jetée. Au fil des ans, les quais sont devenus une immense galerie à ciel ouvert où se croisent les histoires de milliers de marins venus des quatre coins du monde.

Demain, l’équipage de Fou de Bassan sortira les pinceaux. À notre tour de laisser une trace de notre passage à Horta. Puis une nouvelle aventure commencera avec Dominique et Alain, qui embarquent à leur tour.


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